Hariri: la thèse de l’attentat suicide au camion piégé confirmée

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Manifestation de partisans de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, demandant l'élucidation de son assassinat.
Manifestation de partisans de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri demandant l'élucidation de son assassinat.

Le rapport des enquêteurs onusiens se garde toutefois d’incriminer la Syrie.

De nouvelles analyses effectuées par la commission d’enquête de l’ONU sur l’assassinat de Rafic Hariri confirment la thèse selon laquelle l’ancien Premier ministre libanais a été tué lors d’un attentat-suicide au camion piégé, selon un rapport publié lundi. Par ailleurs, dans ce nouveau rapport, les enquêteurs de l’ONU apportent des précisions sur le kamikaze: il s’agit probablement d’un jeune homme âgé entre 20 et 25 ans qui ne venait pas du Liban, selon des examens effectués par des médecins légistes, grâce à une couronne sur une dent portant « une marque distinctive » laissant penser que le kamikaze ne venait pas du Liban.

Depuis un certain temps, les enquêteurs de l’ONU travaillaient sur l’hypothèse d’une bombe placée dans un minivan Mitsubishi et déclenchée par un kamikaze. Les nouvelles analyses corroborent cette hypothèse, en précisant que le kamikaze se trouvait soit à l’intérieur du van soit devant le véhicule et que la bombe était probablement composée de 1.800 kilos d’explosifs. En outre, la commission est de plus en plus convaincue du lien entre 14 attentats commis dans cette période au Liban : « la commission a renforcé sa conclusion préliminaire que les 14 cas n’ont pas été commandités ou exécutés par 14 groupes ou personnes différents avec des motifs séparés et elle développe des preuves qui lient les cas entre eux », assure le rapport.

Les enquêteurs de l’ONU placés sous l’autorité du procureur belge Serge Brammertz notent également que la Syrie s’est montrée globalement coopérative avec eux, alors que Damas avait été précédemment accusée de faire obstruction à l’enquête. Contrairement à son prédécesseur l’Allemand Detlev Mehlis, Serge Brammertz s’abstient de toute théorie ou spéculation sur les commanditaires ou les responsabilités. Ses rapports se révèlent être surtout des documents techniques. Le document remis lundi à M. Annan est le cinquième depuis l’ouverture de l’enquête de la commission créée par une résolution de l’ONU le 15 décembre 2005. Elle doit faire la lumière sur la mort de Rafic Hariri, tué dans un attentat à la voiture piégée devant l’hôtel St-Georges à Beyrouth, qui a aussi coûté la vie à 22 autres personnes.

Antony Drugeon, LIBERATION, le 27 septembre 2006


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